Le Pays Dogon

A l’heure où le continent Noir semble assailli par les maux les plus infects: guerres tribales, ethniques et transnationales, exploitation éhontée des ressources naturelles par les multinationales, politique vérolée souvent liée aux luttes intestines pour le contrôle des gisements - or, pétrole, cuivre, diamants -, pollution, corruption des élites, surendettement, analphabétisme, misère, famine, maladies dévastatrices, extension affolante du sida, catastrophes naturelles à la pelle, massacre des espèces protégées, destruction de la forêt), Salif Keïta, lui, refuse obstinément de s’inscrire dans le fatalisme, de sombrer dans le défaitisme et de s’abandonner à l’apitoiement :

” Le bonheur n’est pas pour demain, il n’est pas hypothétique, il commence ici et maintenant. Ne nous laissons pas dominer par la violence, l’égoïsme, le désespoir. Ne sacrifions pas au culte du pessimisme. Relevons-nous. La nature nous a donné des cadeaux extraordinaires. Rien n’est encore joué pour notre continent, rien n’est encore perdu. Profitons enfin de ses merveilles. Intelligemment, à notre façon, à notre rythme, en hommes responsables et fiers de leur héritage. Bâtissons la terre de nos enfants et arrêtons de nous apitoyer sur nous-mêmes. L’Afrique, c’est aussi la joie de vivre l’optimisme, la beauté, l’élégance, la grâce, la poésie, la douceur, le soleil, la nature. Soyons heureux d’en être les fils et luttons ensemble pour construire notre bonheur. “
Salif Keita, décembre 2001